Mes ressources alimentaires commençaient à s’épuiser. Seules trois pommes, endommagées par le temps, jonchaient sur le sol. La misère régnait dans la maison abandonnée dans laquelle je me réfugiais. Mes parents m’avaient livré à moi-même à l’âge de quatre ans. Depuis, je vagabonde parmi les rues. Ne voulant pas accepter la vérité, je suis parti à leur recherche. Vers sept ans, J’ai laissé tomber les recherches et j’ai essayé de me construire ma propre vie. Pour manger, je volais, dans les marchés. Moi qui rêvais d’un riche avenir, j’ai de plus en plus l’impression qu’il se détachait de moi. Aujourd’hui, ce formidable avenir dont je rêvais quand j’étais petit, a entièrement disparu... Il règne, en moi, une immense solitude et un profond désespoir. Un soupir m’échappa. Depuis ma plus tendre enfance, je luttais pour rester en vie, mais je doute, de plus en plus, que cela n’ait servi à rien. Mon plus grand souhait est de m’endormir sans jamais me réveiller, mais à quoi ma vie aurait-elle servit ? Cela peut paraître étrange, mais je voudrais mourir d’une mort lente et douloureuse juste pour ressentir une douleur encore plus grande que celle que je porte en moi... J’ai du mal à me souvenir... Je ne me rappelle plus... Est-ce que j’ai eu un frère ou une sœur par le passé ? Même le visage de mes propres parents, je ne me souviens plus... Parfois, je me demande grâce à quoi j’arrive à tenir. Quelle est cette force qui me pousse à vivre ?
Soudain, un bruit retient mon attention. Je me levai avec le peu de force que je possédais. Un agent armé entra par la trappe qui s’ouvrait sur le sol. Nous nous regardâmes un long instant. Je rassemblai toute mon énergie et m’enfui par la fenêtre qui s’ouvrait que le toit. Le garde me poursuivit. Face à moi, sur les toits, il n’avait aucune chance. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours couru sur les toits. Quand j’étais petit, c’était mon terrain de jeu. Mais ce garde était plutôt tenace. Mes ressources s’affaiblissaient, mes jambes, devenues lourdes, s’affaissaient sous mon poids. Mon pied dérapa, je perdis l’équilibre. Je ne pus m’arrêter de glisser. Les quelques secondes que je passais en l’air, me parut tellement longues. Juste avant de toucher le sol, je tournis la tête en direction de mon poursuivant. Son regard méprisant posé sur moi, mais je lis, au fond de son regard, de la joie. Après tout, un mendiant en moins c’est plutôt une bonne nouvelle... Je sentis tout mon corps s’écraser sur la chaussée, une immense douleur se fit sentir au niveau de la tête, puis plus rien. Le néant.
Je me réveillai, il faisait noir. Ma tête me faisait terriblement souffrir. Impossible de me lever, le plafond était trop bas. Tout autour de moi, des parois en bois se dressaient. Je devais me trouver dans une boite. L’objet qui se tenait au-dessus de moi, était plutôt lourd. Même si j’avais toujours rêvé de cet instant, je ne l’avais jamais imaginé ainsi. Est-ce ainsi que je vais mourir ? Dans une caisse ?
Alors que je m’étais endormi, une lumière m’ébloui. Quelle sensation agréable. Suis-je mort ? Une main se tendit vers moi. Est-ce qu’il suffirait de l’attraper pour quitter ce monde ? Je me sentis tellement léger, j’avais l’impression de flotter dans les airs… Soudain, une douleur intense de l’avant-bras me fit revenir à moi. Ma poitrine s’élevait lentement, ma tête tournait. Une personne rentra dans mon champ de vision. Une jeune fille au visage innocent d’un ange. Ses yeux verts semblaient tout ignorer d’une souffrance telle que la mienne. Ses cheveux noirs corbeau ondulaient en fonction de ses mouvements. Elle avait dû me trouver inerte dans la caisse. Mais comment une si petite corpulence pouvait me soulever ?Je m’endormis, rassuré. Maintenant quelqu’un veillait sur moi. FIN